Archive du blog

dimanche 29 mai 2016

Annonce.

L'auteur Evelyne Vijaya nous a quitté ce mois de Mai, des suites de sa longue maladie, à l'âge de 29 ans. 
Ses publications sont toujours évidemment disponibles, et celles prévues le seront aussi, (à titre posthume).

Toutes nos pensées,
L'Equipe Editoriale.







jeudi 25 février 2016

Fragments d'état.

Lorsque tu auras foulé, encore, ce jardin de Gethsémani, 
agissant, piétinant, imploration et gestes,

viendra-t-il te porter contre Lui?

La possibilité que l’on puisse mener à bien des termes conçus pour être vécu ne nous embellit pas un terrain d’ores et déjà hostile, bien que si nous ayons fait le possible pour juxtaposer des terres malhabiles. Il faudrait vaincre la poussière dans laquelle nous avons déposé nos bouts d’existence stérile, et ainsi mettre une foi quelconque dans ces gravats et ces pierres, pour qu’il n’y ait jamais plus de réminiscence envisageable. Quoiqu’il fût, avec ou sans la lumière, nos corps ont clôturé des chapitres que l’on avait crus lisibles, or nous ne parlions pas le langage approprié, nous demeurions apatride d’une terre qui ne nous appartenait plus, et peut-être ne l’avions nous jamais possédé ne serait-ce qu’un temps, un fragment, soit; nous étions en exil pour un temps, le même que nous avions connu il n’y a pas si longtemps, et je t’attends. Pour que tu me dises. Pour que tu me fasses. Pour que tu m’existes.



On attend dans le vêtement de l’hiver
que passent les nuages
sur des idéaux qui font naufrage
le vent et l’air se mêlent et voguent
sur nos derniers âges.





"Dans l'argile finale
Les mots les amants les époques
Bruits de langue cortège d'aveugles.

En flaques piteuses
En poudre d'ailes de papillons
En lézard écartelé

Le temps
L'ordure nostalgique."
 L.R 


dimanche 7 février 2016

Haine.

Il ne me reste plus que la haine
à laisser aller
des cris se battent en duel
dans mon corps déserté.
On tire des balles sur mes restants
et on laisse aller
le corps aux hirondelles.
J'ai cru aux horizons fertiles
même à l'amour éternel.
J'ai honte d'avoir cru qu'ils
allaient me rendre immortelle.




Tu ne sais pas combien de solitudes il faut, pour arriver à la mienne. 

dimanche 27 décembre 2015

Je doute.

Je doute de ma présence. Je doute. Je ne me retrouve plus dans les pièces, dans ton regard, et les miroirs qui auparavant projetait l’image d’un enfant sauvage, ne renvoie maintenant que l’absence d’un enfant. Je doute. Je ne me souviens plus de moi. Quel âge j’avais avant que tout s’écroule. Quelle visage je portais dans les rues et les allées. Quel corps je soutenais avec tant de légèreté et de simplicité. Je ne me souviens plus. Alors je doute. Je doute d’avoir été. Tu sais, ce n’était peut-être pas moi. Je me suis peut-être trompée, tu vois?






O u b l i

On t’oublie sur les bords des mois
on t’oublie sur le coeur des jours
dès l’aube à la cueillette des voix
qui retentissent sans toi.
On t’oublie car tu es déjà parti
le long du canal des atrophiés
un strophe de plus et on t’oublie
tu es le même refrain depuis des années.
On t’oublie comme une chanson 
qui a été trop murmuré dans l’oreille
réveille toi de ce couplet sans horizon
une ligne de plus et tu sommeilles.
On t’oublie de ne pas avoir été
on t’oublie des appels et messages 
dès l’aurore pâle où dorment les nouveaux nés

et où ta tombe t’attend calme et sage.



vendredi 18 septembre 2015

Quelque part.

Quelque part
lorsqu’on cherche bien 
on retrouve toujours un peu d’automne dans nos pas
une chute qui revient d’hiver à printemps
Tu m’as dit qu’avec moi
c’était l’ennui la monotonie et la lenteur
qu’il faisait froid.

J’ai gardé trop de montagnes et d’Himalaya
dans mes chutes de rein
mais je n’ai pas peur 
de pleurer des flocons plutôt que de des larmes
j’ai perdu la guerre tu sais.

Quelque part 
lorsqu’on cherche bien
on retrouve toujours un peu d’hiver dans nos pas
quelque chose qui vous glace de la froideur
qui vous rend éternellement là.

Tu m’as dit qu’avec moi
il ne se passait rien
que c’était vide même le néant
J’ai dû garder trop d’écorchures
le long des allées lorsque je marchais
et que je sentais

qu’il n’y aurait plus de printemps.



samedi 29 août 2015

Retrouve.

Je retrouve dans mes manières et mes gestes
le rythme de la solitude et de la chute
lorsque soudain au milieu des heures qui me restent
je cherche le chemin des minutes.
Tu as mille choses à faire et je t’observe
ton corps vivant me fait peur
ma lutte se vit dans la réserve
j’attends que tu me trouves au milieu des heures.
Le temps se déconstruit
comme une maison qui ne m’a jamais appartenu
j’habite un rêve qui se construit
le long des nuits par lesquelles je suis retenue.
Je retrouve cette sensation d’aucune saison
où ni le soleil ni la neige n’ont survécu
il reste mes histoires de lutins et de fanfarons

dis moi si tu viens ou si seule je continue.



« Si la laideur était une brique, je serai la muraille de Chine »